lundi 8 septembre 2014

Des animaux mal soignés au zoo de Fréjus?

Cible de violentes critiques sur les réseaux sociaux et accusé de maltraitance, le parc animalier n’entend pas se laisser abattre sans combattre. Propriétaire et chef soigneur montent au créneau
Le parc zoologique de Fréjus est-il un mouroir pour animaux, mal entretenu, et doté d'un personnel incompétent et négligent ? C'est ce que tout au long de l'été des défenseurs de la cause animalière ont laissé entendre à travers blogs et pages Facebook, photos à l'appui... La puissance des réseaux sociaux amplifiant un phénomène qui aujourd'hui prend la forme d'une pétition sur le Net intitulée « Non au zoo de Fréjus » et qui a déjà recueilli 26.000 signatures.
De quoi agiter la cité romaine et jeter l'opprobre sur ce parc animalier de 16 hectares ouvert en 1971 et qui accueille entre 500 et 600 animaux représentant 110 espèces. De quoi aussi désespérer le personnel du zoo, objet de toutes les vindictes depuis le début de l'été.
Une explication à chaque accusation
« Ce n'est plus supportable, ni même tolérable »,soupire la chef soigneuse*. Révoltée par les lettres d'insultes ou autres menaces de mort qu'elle reçoit régulièrement, elle n'accepte pas d'être jugée « par des gens qui n'ont pour certains jamais mis les pieds dans le parc ou d'autres qui, intentionnellement, travestissent la réalité pour nous enfoncer. »
Elle dit « faire ce métier par passion et avec passion », passer « plus de temps avec [ses] animaux qu'avec [sa] famille » et tient coûte que coûte à apporter des éclaircissements sur les accusations dont ses sept soigneurs et l'ensemble du zoo font l'objet dans un blog édité par une certaine Lisa.
Et la chef soigneuse d'expliquer en préambule « que le zoo a perdu 4 hectares repris par la ville de Fréjus. Du coup, nous sommes en complète restructuration. Et nous réaménageons petit à petit les espaces d'accueil des animaux, en respectant évidemment leurs rythmes.»Quant au prétendu manque de soins ou d'attention apportés aux animaux, elle a une explication pour tout.
« Cette dame prétend que notre hippopotame Milka nage dans ses excréments. Sait-elle qu'un hippo fait 20 kilos de crottes par jour et que même en nettoyant régulièrement le bassin il ne peut être parfaitement limpide ?»
Et les tortues qui n'ont soi-disant pas d'eau dans leur bassin ?« C'est de la manipulation. La photo a été prise lorsque j'étais en train de nettoyer en personne ce bassin après l'avoir provisoirement vidé. Mais bien entendu, on m'a volontairement occultée sur la photo pour faire croire qu'on laissait nos tortues sans eaux... »
Et quid de ces éléphants qui tournent en rond dans de minuscules enclos ?« Là encore, c'est de la désinformation. Le mâle Kim, devenant trop agressif avec notre femelle, nous avons décidé de les séparer. En attendant de placer Kim dans un autre parc et de récupérer un mâle plus doux, nous avons isolé Gina, 50 ans, dans un plus petit enclos, certes, mais aux normes. Elle y dispose d'un abreuvoir et reçoit la visite de Mahmoud, son soigneur qui la douche, lui fait les pieds et s'occupe d'elle jusqu'à cinq fois par jour. Bien évidemment, les deux enclos seront à nouveau reliés lorsque le nouveau mâle sera arrivé et le danger écarté pour Gina.»
« Faut-il cacher le perroquet ? »
Quant au loup du zoo « qui a les oreilles en piteux état et une plaie suintante sur le dos » si l'on en croit la blogueuse, Valérie Mandier explique que l'animal fait de l'eczéma depuis plusieurs années tous les étés et serait stressé par le regard des hommes et la mort de sa femelle. « Nous allons bientôt récupérer un couple de loups qui lui permettra de retrouver ses habitudes de meutes ».
Enfin, à la visiteuse qui se disait choquée d'avoir trouvé un ara à qui il manque trois doigts, Valérie Mandier répond « que le perroquet est arrivé comme ça au zoo. Faut-il le soustraire du regard des hommes pour cause de malformation ? »
Croisé devant la mare à l'hippopotame (dont l'eau était propre !), un groupe de jeunes vacanciers originaires d'Arras ne semblait pas partager le « dégoût » exprimé par Lisa la blogueuse. Ignorant la polémique estivale, les Chti's semblaient ravis de leur visite : « C'est un chouette zoo, les animaux sont propres et n'ont pas l'air ni stressés, ni malheureux.» Valérie Mandier a esquissé un léger sourire en entendant le compliment...
*Ethologue de formation, Valérie Mandier est détentrice de la capacité délivrée par le ministère de l'Agriculture, obligatoire dans chaque parc animalier.
 

vendredi 5 septembre 2014

mercredi 3 septembre 2014

Besançon : des lionceaux très secrets

Besançon. Motus et bouche cousue… Seule une indiscrétion a permis de connaître une nouvelle que le zoo de la Citadelle ne voulait pas diffuser.
Il y a un mois, trois lionceaux d’Asie sont nés en toute discrétion. Cette espèce rarissime (350 individus en liberté), considérée « en danger », fait l’objet d’un programme d’élevage en captivité mené à l’échelle européenne. Shiva, la mère qui a donné naissance aux trois lionceaux, est depuis totalement invisible. Elle reste enfermée dans une salle chauffée avec les trois petits qu’elle allaite.

Complètement isolés

« Même le personnel ne l’approche pas, précisait hier Mélanie Berthet, vétérinaire à la Citadelle. Ils ne sont observés que par le biais d’une caméra de surveillance. Aujourd’hui, tout se passe bien pour la lionne et les lionceaux. »
Leur première sortie face au public n’est pas imaginable, pour la direction du site, avant un bon mois.
Malgré la distance imposée pour le bien-être de la petite famille, le personnel de la Citadelle reste très attentif au destin des lionceaux, jusqu’à entretenir le secret autour de leur naissance.
Il est vrai qu’un drame avait marqué les esprits, surtout parmi les soigneurs il y a seulement quelques mois. Une portée précédente avait en partie été dévorée par le couple, Shiva, la femelle, et Téjas, le mâle.

Les lionceaux dévorés par leurs parents

Le 17 mars dernier, c’est lui qui avait tué d’un coup de mâchoire l’un des trois petits, âgé de deux mois et demi, alors que des rencontres précédentes s’étaient passées sans incident.
Quelques jours plus tard, la femelle, très stressée par le comportement agressif du mâle, tuait à son tour l’un des petits. Seule une femelle pouvait être sauvée in extremis. « J’ai assisté à cet événement, rappelait, hier, Mélanie Berthet. Le personnel a été très affecté par cet événement. Nous ne savons même pas si les nouveaux-nés sont des mâles ou des femelles. Nous ne voulons pas non plus leur donner de nom pour l’instant. »
La Citadelle attend désormais les consignes précises de la direction du programme de reproduction. Il n’est pas prévu pour l’instant que le mâle approche les trois lionceaux dont il est le père.
Au-delà de ses précautions particulières, la naissance de ces trois petits lions d’Asie représente un succès exceptionnel pour le zoo de Besançon.

http://www.estrepublicain.fr/insolite/2014/09/02/besancon-des-lionceaux-tres-secrets